Réflexion

La Bible et la migration

Publié le 20 janvier 2017

Notre Seigneur, un réfugié

Quand les savants furent partis, un ange du Seigneur apparut à Joseph dans un rêve et lui dit : « Debout, prends avec toi l’enfant et sa mère et fuis en Egypte ; restes-y jusqu’à ce que je te dise de revenir. Car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire mourir. » (Matthieu 2.13, BFC)

Alors que l’attention du monde est alertée par les migrations d’une ampleur sans précédent qui découlent de toute une variété de crises au Moyen-Orient et ailleurs, le fait de fuir la persécution et de chercher refuge à l’étranger n’est absolument pas nouveau dans la sphère chrétienne.

Notre Seigneur lui-même fut un réfugié au tout début de sa vie, lorsque sa famille chercha refuge en Egypte pour échapper à la persécution d’Hérode, et la multiplicité des chartes et traités internationaux mis en place depuis pour protéger l’humanité n’empêchent que beaucoup choisissent cette même voie.

Pendant que les nations, les réseaux et les organisations s’efforcent de trouver des solutions à la situation qui prévaut dans les pays secoués par la guerre, les bouleversements et l’instabilité en même temps qu’à la crise des réfugiés qui en résulte, il est important qu’en tant que chrétiens nous reconnaissions pleinement ce à quoi la Bible nous appelle et la place qui est la nôtre au milieu de cette crise.

Le bon Samaritain

Supposez qu’un frère ou une sœur n’aient pas de quoi se vêtir ni de quoi manger chaque jour. A quoi cela sert-il que vous leur disiez : « Au revoir, portez-vous bien ; habillez-vous chaudement et mangez à votre faim ! », si vous ne leur donnez pas ce qui est nécessaire pour vivre ? Il en est ainsi de la foi : si elle ne se manifeste pas par des actes, elle n’est qu’une chose morte. » (Jacques 2.15-17, BFC)

Les besoins humanitaires que génère l’actuelle crise des réfugiés sont immenses, et en tant que chrétiens nous sommes appelés, toujours et encore, à pourvoir aux besoins des nécessiteux et des démunis. Notre vocation est d’œuvrer à la sauvegarde de la dignité de chaque personne que nous rencontrons et d’appeler au respect des droits fondamentaux conférés par Dieu aussi aux millions d’êtres humains qui se retrouvent dans la situation peu enviable de déplacés ou d’exilés. L’humanité entière est, sans distinction, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu (Genèse 1.26), et devant les centaines de milliers de personnes qui passent les frontières pour chercher refuge sur nos côtes, nous ne devons pas perdre de vue notre commune humanité. Il serait bien trop facile de réduire les autres à l’état d’objets en les considérant simplement comme des éléments d’un « phénomène » ou d’une « crise » ; au contraire, le Seigneur nous dit : « Toutes les fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Matthieu 25.40, BFC)

 

Un passage en toute sécurité

Elément central de notre foi, l’incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ est la démonstration la plus puissante de ce que signifie pourvoir aux besoins des autres, qui se trouvent en exil, loin de leur patrie légitime. En tant qu’êtres humains, nous sommes tous sous le coup de la séparation d’avec Dieu provoquée par la faiblesse de notre nature humaine, mais par l’incarnation et la rédemption, nous sommes rétablis dans notre place légitime en lui. En devenant chair, Dieu a fait l’expérience de notre souffrance en y ayant part plutôt que de se contenter d’observer de loin notre condition. Cela dit, l’incarnation de notre Seigneur n’avait pas pour simple but de mettre l’humanité davantage à l’aise dans le monde (Jean 17.14-15), mais de lui ouvrir une voie sûre et viable pour retrouver sa place initiale et légitime au sein de son Royaume.

De même, nous devons à notre tour ressentir la souffrance de ceux qui subissent la migration forcée, partager leur fardeau et couvrir les besoins humain essentiels et immédiats de ces personnes vulnérables qui se retrouvent déplacées à la fois extérieurement et intérieurement. Notre vision à long terme doit être de les rétablir, si tel est leur désir, sur les terres qu’ils occupent depuis des générations et qui sont porteuses de leur patrimoine et de leur identité ; ce rétablissement se fonde sur la dignité, l’égalité, la sécurité et la prospérité.

 

Une Jérusalem céleste

Jésus répondit : « Mon royaume n’appartient pas à ce monde ; si mon royaume appartenait à ce monde, mes serviteurs auraient combattu… Mais non, mon royaume n’est pas d’ici-bas. » (Jean 18.36, BFC)

En tant que chrétiens, la vie éternelle et le règne de Dieu constituent tout à la fois notre concept de la nation, notre désir et notre but. Face à la situation douloureuse des foules déplacées et obligées de quitter leurs terres natales, nous pouvons trouver du réconfort et de l’assurance dans la conviction que « nous n’avons pas ici-bas de cité qui dure toujours, [que] nous recherchons celle qui est à venir » (Hébreux 13.14). Cela étant, la passivité n’a pas sa place dans la vie chrétienne. Si nous sommes témoins de la souffrance d’autrui ou que nous avons conscience que certains ont été privés des droits et libertés qui leur viennent de Dieu, il est de notre devoir d’agir.

 

Le Christ, notre avocat

En observant le ministère de notre Seigneur Jésus-Christ pendant le temps qu’il a passé sur cette terre, on voit clairement qu’il a non seulement été le défenseur de ceux que la société opprimait, marginalisait et excluait, mais qu’il s’est fait l’avocat suprême de l’humanité dans son ensemble.

Dès le début de son ministère, il a clairement défini son rôle et sa mission par ces paroles rapportées en Luc 4.18 (BFC) : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, il m’a consacré pour apporter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé pour proclamer la délivrance aux prisonniers et le don de la vue aux aveugles, pour libérer les opprimés. »

La profondeur de son amour et de sa sollicitude pour ses enfants empêche Dieu de tolérer qu’aucun d’eux subisse l’oppression ou l’exclusion (Psaume 146.7). Par son amour, il nous appelle à être des ambassadeurs (2 Corinthiens 5.20), à suivre l’empreinte de ses pas (Jean 12.26) pour venir en aide aux nécessiteux, aux pauvres, à ceux qui ont le cœur brisé et aux captifs. En raison de cet appel, les chrétiens et l’Eglise ont la responsabilité d’imiter la vie de leur Berger. Oui, c’est notre responsabilité et notre vocation de nous faire les avocats de tous les êtres humains, et en particulier de ceux qui sont dans l’impossibilité de s’en sortir par eux-mêmes.

 

L’espérance et la prière

Face aux dynamiques qui changent sans cesse tant au Moyen-Orient que dans d’autres foyers de crise, face aux déplacements et à la misère qui en découlent, que nous prenions la parole sur les violations des droits humains, les questions sociales et la justice ou que nous intervenions par rapport aux libertés et droits fondamentaux des personnes, nous avons, en tant que chrétiens, un rôle clé à jouer. Celui-ci consiste à rappeler activement et à vivre concrètement les valeurs bibliques, l’éthique et les principes de notre foi, et nos convictions. Ce faisant, nous rendons évidents ces droits et principes donnés par Dieu, et amorçons une source d’espérance pour tous. Nous sommes appelés à être une « ville construite sur une montagne » (Matthieu 5.14) en faisant briller notre lumière devant le monde entier en tant que corps du Christ. L’obéissance à cet appel fera de nous des vases de la lumière et de notre amour de la lumière, tout particulièrement pour ceux qui traversent une période où leurs besoins sont extrêmes.

Pour tous les aspects de notre vie, que les temps soient bons ou mauvais, la Bible nous rappelle que la prière est essentielle. Nous rendons grâce à Dieu pour sa Création, pour tout ce qu’il a fait et continue à faire pour elle, et nous l’implorons également à l’heure de l’épreuve et de la tribulation, lui demandant soit de mettre fin au problème soit de nous accorder la grâce, la force et la résilience pour agir et persévérer, sachant que « nous sommes accablés de toutes sortes de souffrances, mais non écrasés ; inquiets, mais non désespérés ; persécutés, mais non abandonnés ; jetés à terre, mais non anéantis ». (2 Corinthiens 4.8-9, BFC)

Par son Excellence Mgr Angaelos, évêque général de l’Eglise orthodoxe copte au Royaume-Uni, membre du Conseil mondial de l’ABU et de son Comité des relations avec les Eglises

 

Pistes de réflexion :

  1. Avons-nous conscience de notre vocation biblique et de ce que nous représentons au milieu de cette crise ? En tant que chrétiens, et en tant que Sociétés bibliques ?
  1. Avons-nous des programmes (bibliques, holistiques) centrés sur les victimes de la migration forcée ?
  1. Pourvoyons-nous aux besoins immédiats des personnes vulnérables qui se retrouvent déplacées tant intérieurement qu’extérieurement ?
  1. Avons-nous une vision à plus long terme consistant à rétablir les personnes déplacées intérieurement et extérieurement ?
  1. Quelles sont les difficultés du travail avec les migrants, et où sont les bonnes pratiques au sein de notre Alliance ? Quelles sont les possibilités de collaboration ?
  2. © Alliance biblique universelle 

Vous voulez en savoir plus sur le parcours biblique pour les migrants proposé par l'Alliance biblique française ? Cliquez-ici

 

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Matthieu 2.13 - BFC

13. Quand les savants furent partis, un ange du Seigneur apparut à Joseph dans un rêve et lui dit : « Debout, prends avec toi l'enfant et sa mère et fuis en Égypte ; restes-y jusqu'à ce que je te dise de revenir. Car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire mourir. »

14. Joseph se leva donc, prit avec lui l'enfant et sa mère, en pleine nuit, et se réfugia en Égypte.

15. Il y resta jusqu'à la mort d'Hérode. Cela arriva afin que se réalise ce que le Seigneur avait dit par le prophète : « J'ai appelé mon fils à sortir d'Égypte. »

16. Quand Hérode se rendit compte que les savants l'avaient trompé, il entra dans une grande colère. Il donna l'ordre de tuer, à Bethléem et dans les environs, tous les garçons de moins de deux ans ; cette limite d'âge correspondait aux indications que les savants lui avaient données.

17. Alors se réalisa ce qu'avait déclaré le prophète Jérémie :

18. « On a entendu une plainte à Rama, des pleurs et de grandes lamentations. C'est Rachel qui pleure ses enfants, elle ne veut pas être consolée, car ils sont morts. »

19. Après la mort d'Hérode, un ange du Seigneur apparut dans un rêve à Joseph, en Égypte.

20. Il lui dit : « Debout, prends avec toi l'enfant et sa mère et retourne au pays d'Israël, car ceux qui cherchaient à faire mourir l'enfant sont morts. »

21. Joseph se leva donc, prit avec lui l'enfant et sa mère et retourna au pays d'Israël.

22. Mais il apprit qu'Archélaos avait succédé à son père Hérode comme roi de Judée ; alors il eut peur de s'y rendre. Il reçut de nouvelles indications dans un rêve, et il partit pour la province de Galilée.

23. Il alla s'établir dans une ville appelée Nazareth. Il en fut ainsi pour que se réalise cette parole des prophètes : « Il sera appelé Nazaréen. »

Jacques 2.15-17 - BFC

15. Supposez qu'un frère ou une sœur n'aient pas de quoi se vêtir ni de quoi manger chaque jour.

16. A quoi cela sert-il que vous leur disiez : « Au revoir, portez-vous bien ; habillez-vous chaudement et mangez à votre faim ! », si vous ne leur donnez pas ce qui est nécessaire pour vivre ?

17. Il en est ainsi de la foi : si elle ne se manifeste pas par des actes, elle n'est qu'une chose morte.

Matthieu 25.40 - BFC

40. Le roi leur répondra : “Je vous le déclare, c'est la vérité : toutes les fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.”

41. « Ensuite, le roi dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, maudits ! Allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges !

42. Car j'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire ;

43. j'étais étranger et vous ne m'avez pas accueilli ; j'étais nu et vous ne m'avez pas habillé ; j'étais malade et en prison et vous n'avez pas pris soin de moi.”

44. Ils lui répondront alors : “Seigneur, quand t'avons-nous vu affamé, ou assoiffé, ou étranger, ou nu, ou malade, ou en prison et ne t'avons-nous pas secouru ? ”

45. Le roi leur répondra : “Je vous le déclare, c'est la vérité : toutes les fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, vous ne l'avez pas fait à moi non plus.”

46. Et ils iront subir la peine éternelle, tandis que ceux qui ont fait la volonté de Dieu iront à la vie éternelle. »

2 Corinthiens 4.8-9 - BFC

8. Nous sommes accablés de toutes sortes de souffrances, mais non écrasés ; inquiets, mais non désespérés ;

9. persécutés, mais non abandonnés ; jetés à terre, mais non anéantis.

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