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séjour des morts

Dans la présente traduction, l’expression séjour des morts correspond à l’hébreu sheol et au grec hadès (ou haidès). Dans d’autres versions françaises, ces mots ont aussi été rendus par le pluriel « les enfers », qui ne désigne pas un lieu de souffrance (comme le singulier « l’enfer »), mais l’ensemble du domaine souterrain des morts (le latin infernus signifie « en bas ») tel que le représentent les mythologies de l’Antiquité.

 

C’est sans doute aux représentations mésopotamiennesque la conception hébraïque du sheol se compare le plus aisément. L’étymologie du mot est incertaine, mais en hébreu on le rapproche naturellement de la racine sh’l qui signifie « demander, réclamer », ce qui s’accorde bien avec la personnificationdu séjour des morts en monstre insatiable qui engloutit les vivants sans trêve (Es 5.14; Pr 1.12; 27.20). Cependant on l’imagine d’ordinaire comme un lieu souterrain, ténébreux (cf. Ps 88.13; Jb 10.21s), poussiéreux (Gn 3.19; Ps 90.3; 104.29; Jb 10.9; Ec 3.20) et silencieux (Ps 88.11ss; Ec 9.5s). Il semble parfois identifié à l’abîme qui précède et supporte le monde créé (Gn 1.2n; cf. Ez 26.19; Ps 42.8; 71.20; 77.17 ; voir aussi Jb 26.5ss; comparer le rôle des eaux destructrices en Ps 68.23; 69.3,16; 88.7s; 107.24). L’hébreu emploie plusieurs synonymes plus ou moins spécialisés de she’ol, comme ’avaddôn, le monde des disparus (de la racine ’vd, « disparaître, périr », Jb 26.6n) ; shahath, la fosse (Jb 9.31n ; Ps 16.10 ; le terme s’applique également à une fosse servant de piège, Ps 7.16n ; 9.16) ; bor, le gouffre (Ps 28.1 etc. ; le mot peut aussi désigner une tranchée, un cachotou une citerne, Ex 12.29n ; 21.33n ; Jr 37.16n  ; Za 9.11n; Lm 3.53n).

 

Commun à tous les défunts sans discrimination ethnique, nationale, religieuse ou morale (Es 7.11; Am 9.2; Ps 89.49; 139.8), le séjour des mortsest quelquefois dépeint à l’image du monde des vivants dont il apparaît comme une ombre affaiblie (il présente les mêmes structures hiérarchiques en Es 14.9ss; Ez 31.18; voir cependant Jb 3.19). C’est en principe un lieu d’où l’on ne revient pas (Jb 7.9s; 16.22; Ec 12.5), ce qu’illustre la représentation de ses portes et de ses verrous comparables à ceux d’une ville (Es 38.10; Ps 9.14; 107.18; Jb 17.16; 38.17). Mais avec l’apparition de la doctrine de la résurrection* le sheol devient un séjour provisoire. Cette conception se développera dans la littérature apocalyptique(voir introductions à Daniel et à l’Apocalypse de Jean; cf. 1 Hénoch*22.3s: « Ces cavernes doivent rassembler les esprits des morts, c’est à cela même qu’elles sont destinées; toutes les âmes humaines y seront recueillies. Ces cavernes sont destinées à être leur prison — c’est ainsi qu’elles ont été créées — jusqu’au jour où ils seront jugés, jusqu’au moment du jour final, celui du grand Jugement qui sera exercé sur eux »). En même temps le sheolse diversifie: les bons y sont séparés des méchants (1 Hénoch22.9: « Ces trois [cavernes]-ci ont été créées pour séparer les esprits des morts. Ainsi, il a été réservé aux esprits des justes celle où jaillit la source lumineuse »). Si l’on en croit Flavius Josèphe*, au Iersiècle apr. J.-C. de telles vues sur le séjour des morts avaient trouvé une assez large audience chez les pharisiens*.

 

Dans la religion grecque, Haidès (ou Hadès) est le nom du dieu des morts avant d’être celui du séjour des morts (il est encore personnifié en Ap 6.8; 20.13s; cf. 1Co 15.55n). C’est cependant ce mot que la Bible grecque (LXX*) emploie pour rendre l’hébreu sheol. Dans le Nouveau Testament, en règle générale, on l’imagine comme un lieu souterrain (Mt 11.23//; cf. Rm 10.7; Ep 4.9n), mais l’idée d’une demeure séparéepour les justes et les injustes a fait son chemin. En Lc 16.19ss l’hadès pourrait être exclusivement le lieu des réprouvés, par opposition au sein d’Abraham(v. 23; comparer les demeures éternelles du v. 9 et le paradis de 23.43n), mais on peut aussi envisager que celui-ci soit une partie séparée du séjour des morts. En général, les infidèles sont promis à la géhenne, qui est conçue comme un lieu de destruction ou de tourment par le feu (Mt 5.22n,28; 10.28//; 18.8s//; 23.15,33; Jc 3.6; voir les représentations comparables de Mt 8.12; 13.42,50; 22.13; 25.30,41; 2P 2.17; Jd 7,13). Dans l’Apocalypse de Jean, l’étang de feu, alias la seconde mort,qui semble fonctionner comme un autre nom de la géhenne (19.20; 20.10,13ss; 21.8), est hiérarchiquement supérieur à l’hadès, puisqu’il finit par engloutir la mort et le séjour des morts.

 

La Seconde de Pierre (2.4n) se réfère, pour évoquer le lieu de châtiment provisoire des anges* déchus, au Tartareque la mythologie grecque situait encore plus bas que l’Hadès. Les portesdu séjour des morts sont encore présentes en Mt 16.18, mais l’ensemble de l’expression évoque peut-être moins le monde statique des ombres que l’empire plus vaste et plus actif du mal, qui ne prévaudra pas contre l’Eglise*. En Ap 1.18, en tout cas, les clefsdu séjour des mortssymbolisent bien un pouvoir de délivrer de la mort. La Première de Pierre semble décrire une descente du Christ au séjour des morts (3.19ss; cf. 4.6), mais la visée précise de ce texte est incertaine.

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