n.

non-Juifs

Dans la présente traduction du Nouveau Testament, le terme non-Juifs rend le grec ethnos (pluriel ethnè; d’où notre mot « ethnie ») qui peut avoir le sens collectif de nation, mais qui désigne aussi des gens pris individuellement (en principe, en fonction de leur appartenance à une nation). Dans la Septante (LXX*), ethnoscorrespond le plus souvent à l’hébreu goy (pluriel goyim). Au temps du Nouveau Testament, les deux termes sont sans doute utilisés couramment par la communauté juive pour désigner les non-Juifs comme « les gens des (autres) nations » (cf. Mt 5.47; 6.7). Dans ce sens, les bibles françaises ont traditionnellement rendu ethnè par des mots aujourd’hui ambigus comme « gentils » (du latin gentes, « nations ») ou « païens » (du latin paganus, « paysan », « rustre », appliqué dans les premiers siècles de l’ère chrétienne à ceux qui restaient attachés aux cultes traditionnels de l’Antiquité et se tenaient à l’écart de la nouvelle religion, qui s’était principalement développée dans les villes).

 

Le mot hébreu goy, qui apparaît souvent dans l’Ancien Testament, n’y est jamais vraiment employé dans ce sens spécialisé. Comme d’autres termes traduits par peuple,il désigne une nation du point de vue de son unité ethnique, représentée par une origine commune (Gn 12.2; 17.6,20; 18.18; Nb 14.12; Dt 9.14), mais il la considère aussi du point de vue de son unité politique (généralement constituée autour d’un roi 1S 8.5,20; cf. Es 14.6,18; 41.2; Jr 25.14) et de son territoire (Es 36.18ss; Ps 105.44; 2Ch 32.13). L’unité linguistique (Gn 10.5,20,31) et religieuse (Dt 12.30; 29.17; 2S 7.23; 2R 17.29; 18.33; 19.12; Es 36.18; 37.12; Jr 2.11; 2Ch 32.15,17) joue aussi un rôle dans la définition de la nation — définition qui reste cependant assez imprécise. En tout cas, de tous ces points de vue, Israëlest une nationcomme une autre (Gn 12.2; 17.5; 18.18; Ex 19.6; Dt 26.5; Jr 33.24; Ez 37.22).

 

Cependant Israël se distingue des autres nations (Nb 23.9; cf. 1S 8.5,20; Jr 10.25). Cela se vérifie particulièrement à partir de l’époque de l’exil et dans la situation de diasporaqui s’ensuit (voir les encadrés « L’Exil et la Bible », et « La diasporaou les Juifs hors de leur pays »), où le peuple et la nation d’Israël ne sont plus identiques, notamment du point de vue politique et territorial. Dans de nombreux textes, les « nations » sont surtout des adversaires (Ps 2.1,8; 46.7), et Israël est appelé à s’en distinguer résolument (Dt 7.1ss; 18.9; 2R 17.8,11,15,33; 21.2; Ez 20.32; 2Ch 28.3), même s’il peut se comparer à elles (Dt 4.7 ; 7.7,17).

 

Dans le Nouveau Testament, ethnos peut également désigner la nation d’Israël (Lc 7.5; 23.2; Jn 11.48ss; 18.35; Ac 10.22; 24.2,10,17; 26.4; 28.19; 1P 2.9). Celle-ci peut aussi être incluse dans l’expression toutes les nations (Mt 24.9,14; 25.32; 28.19; Mc 11.17; 13.10; Lc 24.47), mais ce n’est pas forcément le cas (Lc 21.24; Rm 15.11; Ga 3.8): les nations sont manifestement non juives en Mt 4.15; 20.25; Ac 4.25; 7.7; 13.19; Rm 1.5; Ap 10.11; 14.8; 15.3s. Qui plus est, les ethnè ne sont pas seulement les nations non juives, considérées collectivement, mais bien les gens de ces nations, pris individuellement, c’est-à-dire les non-Juifs (Mt 6.32; 10.5; 20.19//; Lc 12.30; Ac 14.16; 1Co 1.23; Ep 2.11; voir aussi dans le même sens le terme moins ambigu ethnikos, Mt 5.47; 6.7; 18.17; 3Jn 7; cf. l’adverbe correspondant en Ga 2.14, à la manière des non-Juifs). Un emploi similaire de goypour désigner le non-Juif, pris individuellement, n’apparaît pas dans la littérature juive avant le Talmud*.

 

Dans ce sens, le terme occupe une place importante dans le Nouveau Testament, où les débats sur la relation entre Juifs* et non-Juifsjouent un rôle considérable (voir l’introduction au Nouveau Testament, p. {0000Xintnt}). Beaucoup de communautés chrétiennes sont composées de Juifs et de non-Juifs, et certaines sont exclusivement non juives (cf. l’emploi du mot ethnè en Rm 11.13; Ep 3.1). Paul se présente comme l’apôtre* spécifique des non-Juifs (Ga 2.9; cf. Ac 9.15). Quand il s’agit de justifier aux yeux du judaïsme ou des chrétiens d’origine juive l’admission des non-Juifs au sein de l’Eglise, ou la pleine communion entre toutes les composantes de celle-ci, on en appelle volontiers aux textes de l’Ancien Testament où la foi d’Israël étend son horizon aux nations, envisageant leur conversion et leur salut, ou au moins leur soumission au Dieu d’Israël et à son peuple (Ac 15.16s; Ga 3.8n; cf. Es 2.1ss; 19.21; Mi 4.1ss; So 3.9; Ps 82.8). Dans certains cas le terme ethnè désigne les gens qui sont à la fois non juifs et non chrétiens, ceux dont les chrétiens, même non juifs, se distinguent; il devient alors à peu près l’équivalent de notre terme « païens » (1Co 5.1n; 12.2; 1Th 4.5; 1P 2.12; cf. Mt 18.17).

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