h.

haut lieu

Le sens premier de l’hébreu bama (pluriel bamoth) est probablement celui de « dos »: cette acception subsiste peut-être, par exemple, en Dt 33.29n. Mais le mot est surtout employé pour désigner des lieux(il constitue même un nom propre de lieu en Nb 21.19ns; 22.41), généralement élevés— comme le dos d’un animal constitue son « dessus », sa partie haute; c’est également à partir de la métaphore du dos ou du dessus qu’on peut comprendre des expressions comme les hauteurs (bamoth) de la mer (Jb 9.8) ou les hauteurs (bamoth) des nuages (Es 14.14).

 

Le lieu appelé bama peut être une simple hauteur naturelle(sommet de colline ou de montagne: Dt 32.13; 2S 1.19,25; Es 58.14; Ps 18.34), mais aussi une éminence artificielle(tertre ou monceau de pierres, p. ex. pour marquer l’emplacement d’une tombe; cf. aussi le synonyme rama, « élévation », traduit par monticule en Ez 16.24): c’est ainsi qu’on peut bâtir (1R 11.7; 14.23; 2R 17.9; 21.3; Jr 19.5) ou détruire, démolir (Lv 26.30; Nb 33.52; 2R 23.8; Ez 6.3) des bamoth.

 

Dans la plupart des cas — au moins ceux où il est traduit par haut lieu— le terme bama s’applique à un site sacré. Ce lieu de culte est souvent situé sur une élévation de terrain (Ez 20.28s; cf. 1R 11.7; 14.23; 2R 16.4; 23.13; 2Ch 21.11; 28.4; voir aussi Os 4.13) naturellement considérée, à l’instar des montagnes sacrées de l’Antiquité, comme point de contact avec le ciel où réside la divinité (cf. Am 4.13; Mi 1.3; voir « Quelques montagnes de la Bible », p. {0000Xmontagne}). Mais ce n’est pas toujours le cas: on trouve aussi des hauts lieux dans des vallées(Jr 7.31; 19.5s; 32.35; Ez 6.3). Parfois il s’agit simplement du lieu de culte habituel d’une localité, situé à l’intérieur même de la ville ou à proximité (1R 13.32; 2R 17.9,29; 23.5,8; 2Ch 28.25). Parce que le mot bama pourrait aussi bien désigner une tombe (Es 53.9n; Jb 27.15n; cf. aussi l’emploi du mot cadavres en Lv 26.30; Ez 43.7n), certains ont cru déceler dans le culte des hauts lieuxdes traces d’un culte des ancêtres; mais il est difficile de se prononcer avec certitude sur ce point.

 

Le haut lieu comportait normalement un autelde pierres pour les sacrifices; mais cet autel pouvait s’identifier avec le haut lieu lui-même si celui-ci consistait en un monceau de pierres. On y trouvait encore, « sur » l’éminence-autel ou « à côté » de l’autel (la préposition hébraïque est ambiguë, cf. Jg 6.25n), un brasier à encens en pierre ou en argile (Lv 26.30n; Ez 6.4,6; cf. Os 4.13 ; 2Ch 14.4; 34.4,7); également une pierre levée (matséba) et un poteau cultuel(ashéra) qui, à l’origine, représentaient peut-être, respectivement, la divinité principale et sa déesse parèdre ou épouse (1R 14.23; 2R 18.4; 23.13s; 2Ch 14.2; voir Jg 3.7n) — parfois des statues dans lesquelles il faut sans doute voir un développement de ces représentations élémentaires (2R 21.7n; Ps 78.58; 2Ch 33.19; 34.3,7; cf. Jg 3.19,26). A proximité se dressait une tente ou une construction légère (un cabanon, selon Ez) pour les repas cérémonielsoù l’on mangeait la viande des sacrifices (1S 9.22) et, dans certains cas, pour la prostitution sacrée, peut-être pratiquée par les filles des prêtres (Ez 16.16,23-43; cf. Lv 21.9); il s’agissait parfois, notamment dans les sanctuaires centraux qui rassemblaient au-delà du voisinage immédiat, d’un édifice plus important (une maisonde haut lieu 1R 12.31; 13.32; 2R 17.29n,32; 23.19), où l’on pouvait éventuellement passer la nuit (1R 3.4s).

 

Dans de nombreux textes bibliques, les hauts lieuxapparaissent comme le cadre ordinaire du culte populaireen Israël (1S 9.13ss,19,25; 10.5) comme chez les peuples voisins (Es 15.2; 16.12; Jr 48.35). En revanche, du point de vue du culte centralisé au temple de Jérusalem (2R 23.8s), mais aussi dans plusieurs textes prophétiques (Jr 19.3-5; Os 10.8; Am 7.9), les hauts lieuxsont considérés de façon essentiellement négative. Bien qu’en Israël ils aient été habituellement consacrés au culte du Seigneur (YHWH: 2R 18.22//; 2Ch 33.17) — on ne pouvait pas toujours en dire autant des grands sanctuaires de Samarie et de Jérusalem (2R 10.18ss; 21.7) — leur origine et leur structure, étroitement associées au culte cananéen de Baal* et d’Ashéra (cf. Jr 19.5), les a définitivement discrédités aux yeux de l’historiographie biblique (cf. 1R 3.3; 14.23; 15.14; 22.44; 2R 12.4; 14.4; 15.4,35; 16.4; 17.9,11; 18.4; 21.3; 23.5,8,13,15; Ps 78.56ss). Cependant, d’après les Chroniques, le haut lieu central de Gabaon jouissait d’une certaine légitimité avant la construction du temple de Salomon, puisqu’on y trouvait la tente de la Rencontre, la Demeure du désert et son mobilier (1Ch 21.19; 2Ch 1.3,13).

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